gendarmerie, sécurité routière

[SÉCURITÉ ROUTIÈRE]

accident

En 2016, la gendarmerie de la Seine-Maritime est intervenue
- 2541 fois sur des accidents matériels (nous ne sommes pas appelés à chaque fois la gendarmerie ne constatant pas ces accidents qui se règlent par constat amiable) ;
- 401 fois sur des accidents corporels ;
- 40 fois sur des accidents mortels

Savez-vous ce qu’est, pour un gendarme, l’intervention sur un accident de la route ?

L’intervention sur accident…

Un jour de grand départ marqué par une pluie abondante est souvent un mauvais signe pour les gendarmes en patrouille. Une route de rase campagne ou de montagne peut très vite se transformer en roulette russe. Comme à l’accoutumée, sur les milliers de conducteurs qui les empruntent, quelques-uns ne voient jamais la fin de la journée. Hélas, ce pronostic se révèle souvent exact.

Avec toutes ces interventions sur accidents chaque année en Seine-Maritime, il est des visions qu’un gendarme ne peut pas oublier, surtout si cela touche des enfants, des proches, des connaissances ou des camarades de travail. Pour les gendarmes, intervenir régulièrement, même en pleine nuit, pour porter secours, assurer la régulation du trafic ou les constatations d’usage, apporte parfois une forte dose d’émotions, mais il faut savoir rester professionnel.

Quand ils sont engagés sur un accident, ils ne savent pas ce à quoi ils vont être confrontés. Parfois, l’appel au 17 ne révèle qu’un simple accident matériel sans gêne, d’autres fois, il s’agit d’un accident grave. Leur travail, c’est avant tout de protéger les lieux pour éviter le sur-accident et d’apporter les premiers secours puis, dans ce domaine, de céder la place aux pompiers. Quoiqu’il en soit, sur un accident de la route, il règne toujours un sentiment de désordre, surtout la nuit. Il y a les victimes, les véhicules accidentés, les pompiers, les gendarmes qui font les constatations nécessaires à l’enquête et le gestionnaire de voirie qui les aide à baliser les lieux pour éviter un second drame. Ce n’est pas non plus facile de découvrir un habitacle avec une lampe torche, de voir des victimes coincées dans les tôles, d’entendre les cris de douleurs et de frayeur, les hurlements parfois, de voir des usagers décédés, d’autres traumatisés ou affolés, de voir les têtes effrayées aussi des autres automobilistes qui sont brutalement confrontés à un risque mal appréhendé. On ne peut pas se préparer à tout çà. Les gendarmes n’ont pas le temps d’y penser car il faut être réactif et efficace.

Au-delà de l’intervention-terrain…

Les gendarmes doivent mener une recherche de responsabilités pour servir la Justice, mais aussi les assureurs. Sur place, il y a les constatations à relever avec précision car, une fois à l’unité, il faut rédiger la procédure qui décrit les circonstances de l’accident (c’est une véritable enquête !) et renseigner les éléments statistiques qui participent à l’analyse des causes de l’insécurité routière. L’exploitation des données permet aussi de repérer les zones d’accumulation d’accidents, de réaliser des cartes d’accidentologie pour, ensuite, définir une politique de dissuasion. Les forces de l’ordre s’efforcent également d’améliorer la prise en charge des victimes et de leurs proches. Il est vrai que le contact avec l’entourage, la famille d’un décédé n’est jamais facile, mais cela fait partie de la gestion de l’accident.

Entre prévention et émotion, il faut garder la tête froide.

Au delà de l’aspect purement professionnel, il y a le côté émotionnel, plus personnel. Le gendarme va, au cours d’une carrière, intervenir maintes fois sur des accidents sordides. Avec un peu de chance, il peut se passer des semaines sans avoir à y être confronté. Parfois hélas, certains n’en reviennent même jamais. Comme ils sont appelés d’urgence sur tous les fronts, les drames les touchent aussi personnellement.

Être exposé régulièrement à la douleur des gens, voire confronté à la mort d’êtres humains, modifie à jamais le regard porté sur la vie en général. Pour autant, les gendarmes ne s’apitoient pas pour accomplir pleinement leurs missions (secours, protection, constatations, photos, mesures, etc.). Cette obligation permet aussi de se détacher de « l’émotionnel » et d’utiliser toute l’énergie nécessaire pour bien faire son métier. Il est certain que l’inactivité sur les lieux d’un drame peut être destructrice, autant pour un intervenant que pour un badaud. Malgré tout, le gendarme plusieurs fois confrontés à des drames ne peut pas s’y habituer, c’est inconcevable. En revanche, il peut apprendre petit à petit à se forger une carapace. Vu de l’extérieur, on peut imaginer que ces militaires perdent toute émotion par habitude. En fait, il n’en est rien car sur les lieux d’une tragédie routière, même s’ils ne montrent rien, ils s’en souviennent encore longtemps le soir en rentrant chez eux et durant les jours qui suivent, l’enquête à mener participe à raviver ces tristes souvenirs…

Pour le fric ? Pour les points ? Pour le permis à retirer ? Vous y croyez ?

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A propos de gendarmerie de Seine-Maritime

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