Prévention

[TRAVAIL ET COMPORTEMENTS ADDICTIFS]

les comportements addictifs (avec/sans produit)

Sécurité au travail

De nos jours, le niveau des exigences de sécurité augmente et il n’est pas tolérable de voir en milieu privé et professionnel la sécurité mise en cause par une conduite individuelle irresponsable.

Santé

La mortalité est très importante avec environ 49000 décès par an liés directement ou indirectement à l’alcool, et coûte à la France entre 6 et 7 milliards d’€uros par an. Pour information, environ 67000 pour le tabac et entre 100 et 200/an pour les overdoses de diverses drogues.

Processus mental – Le circuit de récompense du cerveau

Le système de récompense que le cerveau pilote joue un très grand rôle dans le développement de la dépendance.

Il est nécessaire de comprendre pourquoi que ce qui était une recherche de plaisir contrôlé, devient une pulsion incontrôlable, et c’est alors l’alcool qui prend le poste de pilotage.

Rappelons qu’Ils existent deux sortes d’addiction : les addictions aux produits et les addictions comportementales.

Actions sur le cerveau

On sait maintenant pourquoi les addictions aux produits sont si efficaces, c’est parce qu’elles viennent se greffer sur les voies naturelles de la gestion du plaisir et de la gestion des émotions.

Comme une véritable prise de contrôle du poste de pilotage, l’addiction détourne à son profit la seule recherche du plaisir lié au produit.

L’alcool et les drogues agissent sur la partie du cerveau en lien avec les parties « archaïques » du cerveau (la faim, la soif, les envies, le sexe, etc.). Tous deux agissent sur le cortex pour déclencher le circuit du plaisir et de la récompense que la personne n’arrive plus à contrôler, d’où l’accoutumance et la dépendance.

Définitions

En France et pour l’alcool, on parle de verre standard contenant 10 grammes d’alcool pur.

Et c’est ainsi que la Loi française évolue parfois deux fois par an comme en 2019 pour limiter deux verres par jour pour les hommes comme pour les femmes, avec deux jours sans alcool dans la même semaine.

Les complications aigues sont les suivantes :

. L’ivresse

. Les accidents de la route : 30 % des accidents mortels sont directement liés à l’alcool au volant

. Dans 30 % des violences conjugales, l’alcoolémie est positive

. Les accidents de travail 10 à 20 %

. Les accidents domestiques 20 %

. L’alcool est impliqué dans 40 % des crimes et délits

. Les suicides : 1 personne décédée par suicide sur 3 à une addiction à l’alcool

Catégories d’usage

Il y a ainsi 4 catégories d’usage :

. Les abstinents

. Les consommateurs à faibles risques (consommation raisonnée et épisodique)

. Les buveurs abusifs et excessifs avec le risque de basculer dans l’alcoolo-dépendance

. Les dépendants et les risques nocifs et irréversibles associés

Petite remarque pour le binge drinking : extrêmement nocif pour le corps humain avec destruction massive de neurones irréversiblement donc à proscrire chez les jeunes gens puisque la maturité du cerveau arrive vers l’âge de 25 ans.

Coma éthylique à partir de 4 gr/L et dose létale à partir de 5 gr/L. Il n’y a pas d’overdose avec le cannabis car il agit sur le cerveau mais pas le système du métabolisme contrairement à l’alcool.

Conséquences pour l’homme

Les conséquences pour le corps humain sont classiquement :

. Les cancers des voies aérodigestives supérieures et inférieures

. Infarctus, AVC, embolie pulmonaire, tension artérielle élevée et ses conséquences

. Évidemment cirrhose du foie puisqu’il est l’élément filtrant du système digestif

Concernant le cannabis

. Presque 4 millions de Français l’ont consommé en 2005 et cela continue à progresser

. 75% des Français de 17 ans l’ont essayé au moins une fois

. Les français sont parmi les plus gros consommateurs en Europe

Il y a 3 principales plantes de cannabis, SATIVA plutôt en Amérique du Sud, INDICA plutôt en Asie et Orient, et RUDERALIS plutôt en Europe et Maghreb

Seule la plante femelle contient le THC, hormone active.

L’herbe peut contenir de 0,5 à 35 % de matière active, la savonnette jusqu’à 45 % et l’huile jusqu’à 80 %.

Le cannabidiol (CBD) est un cannabinoïde à usage médical. Il n’est pas psychotrope car pas de matière psychoactive mais seulement un effet analgésique d’où les réflexions en France pour autoriser son usage.

Les effets psychotropes sont variables :
- Légère euphorie accompagnée d’un sentiment d’apaisement
- Euphorie avérée
- Légère somnolence (lorsqu’elle est voulue)
- Malaise, voire « bad trip » (tremblements, vomissements, confusion, angoisse…)

Globalement, le cannabis diminue les capacités de mémoire immédiate, et de concentration.

Les risques liés à la consommation de cannabis sont nombreux, comme par exemple :
- L’apathie
- Les vertiges
- La somnolence
- L’euphorie, le sentiment de supériorité
- L’altération du sens du risque
- La diminution de la capacité de concentration
- L’allongement du temps de réaction
- La modification de la perception visuelle et auditive, notamment diminution de la sensibilité à la couleur rouge

Comparatifs des pics plasmatiques (début d’action)

Cannabis fumé : pic plasmatique en 9 minutes, une demie vie de 20 minutes et indétectable dans le sang après deux heures. Le moyen le plus utilisé pour ses effets rapides et substance fortement concentrée.

Pharmacocinétique du cannabis, c’est-à-dire ingéré par la voie du métabolisme digestif : pic plasmatique à 5h00, une demie vie de 9h00 et indétectable dans le sang après 11h00.

Par des analyses d’urine, on peut retrouver des traces facilement jusqu’à une semaine voire 45 jours pour des fumeurs réguliers donc attention aux contrôles routiers.

Sanction au Code de la Route

Si Test salivaires positif :

. 6 points

. Voiture en fourrière jusqu’à 7 jours

. Jusqu’à 4500 € d’amende et 2 ans d’emprisonnement

Une peine complémentaire peut être prononcée :

. Confiscation définitive du véhicule

. Suspension du permis jusqu’à 3 ans sans « permis blanc »

. Jours amende, travaux d’intérêt général, stage de points, interdiction de repasser le permis jusqu’à 5 ans

. Si drogues et alcool à plus de 0,5 gr/L, la peine s’aggrave et peut aller à 9000 € et 3 ans d’emprisonnement

 

 

 

sanstitreComment gérer les comportements addictifs au travail. Quelques pistes de réflexion vous sont proposées dans cette publication.

addictions et travail

I/ Cadre réglementaire pour les entreprises, administrations et particuliers

« L’Article L.4622-2 du 1er Juillet 2012 du Code du Travail impose à toutes les entreprises et administrations de préserver la santé mentale et physiques des salariés tout au long de leur carrière ».

Avant 2012, seule la santé physique était à préserver. Dorénavant, la préservation mentale renvoie aux Risques Psycho Sociaux (RPS) comme par exemple le harcèlement moral, le burn out, etc.

Le cadre réglementaire des particuliers n’est pas clairement défini. C’est au médecin traitant d’apprécier la dangerosité, le besoin de soins dans tel ou tel établissement, visite ou pas auprès d’hôpitaux ou cliniques ayant un Service Addictologie (ce qui n’est pas toujours le cas).

Pour rappel :

Article R4228-20 : « Aucune boisson alcoolisée autre que le vin, le cidre, la bière et le poiré est autorisée sur le lieu du travail »

« Dans un contexte où, d’une part, l’alcool est la substance psychoactive la plus consommée et les consommations ponctuelles importantes ainsi que les ivresses déclarées en augmentation parmi les actifs, et où, d’autre part, la responsabilité civile et pénale des employeurs est particulièrement engagée, le présent décret vise à donner aux employeurs les moyens d’assumer l’obligation de sécurité de résultat qui leur incombe en matière de préservation de la santé et de la sécurité des travailleurs, et de prévenir tout risque d’accident. Il autorise ainsi les clauses des règlements intérieurs limitant ou interdisant la consommation de toute boisson alcoolisée dans l’entreprise édictées dans un objectif de prévention, y compris le vin, la bière, le cidre et le poiré, lorsqu’elles sont proportionnées au but recherché ». Il en est de même pour tous les produits psychoactifs dont l’usage et la détention sont interdits en France.

Article R4228-21 : « Il est interdit de laisser entrer ou séjourner dans les lieux de travail des personnes en état d’ivresse ou d’addiction à un produit psychoactif ».

Article L4122-1 : « Conformément aux instructions qui lui sont données par l’employeur, dans les conditions prévues au règlement intérieur pour les entreprises tenues d’en élaborer un, il incombe à chaque travailleur de prendre soin, en fonction de sa formation et selon ses possibilités, de sa santé et de sa sécurité ainsi que celles des autres personnes concernées par ses actes ou ses omissions au travail ».

Article R4225-2 : « Les employeurs doivent mettre à la disposition des travailleurs de l’eau potable et fraîche pour la boisson ».

Article L232-2 : « Les conventions collectives ou les contrats individuels de travail ne peuvent comporter des dispositions prévoyant l’attribution, au titre d’avantage, en nature, de boissons alcooliques aux salariés ».

II/ Les actions envisageables dans les entreprises et administrations en France.

C’est à la médecine du travail de prendre toutes les dispositions pour satisfaire et respecter l’Article L.4622-2.

Pour les entreprises ou entités ayant leur propre Service Médical, celles-ci doivent pouvoir accueillir les personnes soupçonnées d’être sous l’emprise d’alcool ou de produits stupéfiants. En s’appuyant sur le Règlement Intérieur (RI), le Service Médical doit pouvoir effectuer un test salivaire, un test urinaire ou une prise de sang dont les résultats seront protégés par le secret médical. Si le RI le permet, cela sous-entend que le CHSCT aura « validé » le contrôle par un moyen ou par un autre. Il est aussi sous-entendu que l’intéressé est en droit de refuser un quelconque contrôle salivaire, urinaire ou sanguin, même si autorisé dans le RI (sous peine de notification des RH pour refus d’obtempérer).

Les addictions sont le fruit d’une maladie mentale et relèvent par conséquent de la médecine, pas des RH. Il n’est pas autorisé de licencier un salarié pour alcoolisme ou addiction à un produit ou sans produit, sauf sous certaines conditions et notamment casse volontaire d’un matériel de l’entreprise ou vociférations sur la voie publique en dénigrant clairement haut et fort l’entreprise qui l’emploie. Les Prud’hommes sont extrêmement sensibles aux licenciement abusifs…

Les RH seront souvent dans la boucle de la suspicion sans pour autant avoir officiellement accès aux résultats, mais on imagine aisément qu’il leur faudra néanmoins un avis « négatif » ou « positif » du dit test pour servir ou pas de traçabilité ultérieure. Les médecins, infirmiers, RH etc n’ont pas le droit d’injonction pour des soins adaptés mais pourront faire appel aux pompiers, à la Police Nationale ou à la Gendarmerie Nationale si le besoin s’en fait sentir (agressivité, casse volontaire de matériels, accidents volontaires, injures, etc.). L’intéressé doit être accompagné à l’infirmerie par un collègue ou son chef hiérarchique, jamais seul ni par ses propres moyens. Ces entreprises ont généralement des Services Conditions de Travail et éventuellement des associations interne ou externe/partenaire capables de leur venir en aide car l’addiction est une maladie mentale complexe. L’intéressé doit être invité à rester quelques heures au Service médical pour dégrisement puis renvoyé chez lui par un taxi ou un membre de sa famille, mais nullement par ses propres moyens et encore moins avec son véhicule personnel.

Pour les entreprises ou entités n’ayant pas de Service Médical, elles ont pour consigne de renvoyer l’intéressé chez la médecine du travail de quartier dont elles dépendent, ou chez son médecin traitant en taxi ou avec l’aide d’un membre de sa famille. Là aussi jamais seul ni par ses propres moyens.

III/ S’interroger sur les raisons d’une addiction ou d’une alcoolisation.

Il faut savoir qu’on ne boit pas ou qu’on ne consomme pas un produit sans réelle raison. Les addictions sont une maladie mentale. Il y a donc lieu d’être suivi par un médecin addictologue, un psychiatre ou éventuellement un psychanalyste afin de trouver dans l’histoire personnelle de la personne les troubles majeurs ayant pu conduire à telle ou telle addiction (mort, divorce, abandon, perte d’emploi, violence sexuelle, etc.). Certaines associations sont aptes à faire cette analyse dès lors qu’elles auront été formées par des Organismes privés ou publics reconnus (l’hôpital d’Amiens, IREMA, etc.).

IV/ Se faire aider

-> Les hôpitaux et cliniques pour les soins :

Avant d’adresser un malade alcoolique ou addict à un produit stupéfiant, il faut s’assurer que l’hôpital ou la clinique ait un Service Addictologie ou à minima un CSAPA (Centre de Soins Ambulatoires de Prévention Alcoolique).

Dans l’affirmative, il est d’usage de passer par les urgences qui procéderont au dégrisement et prendront éventuellement le patient en suivi ultérieur.

Il est à noter que personne ne peut obliger une personne à se soigner ; seul le malade peut décider.

-> L’aide des Associations :

En France, il existe des dizaines d’associations d’aide envers les malades alcooliques ou addicts à un produit ou sans produit : Alcool Assistance, Al-Anon, Les Alcooliques Anonymes, la Croix d’or, mais aussi la Croix Rouge, etc.

Les intéressés doivent les trouver sur le net, dans certaines pharmacies, mairies, CSAPA, etc.

-> Quelques liens utiles :

Drogues info service

Alcool info service

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Cet article a été rédigé par un réserviste citoyen de la région de gendarmerie de Normandie.

A propos de gendarmerie de Seine-Maritime

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